Maëlle Robert, Chargée de développement local

Maëlle Robert nous parle ici de son métier de chargée de développement local. Unique en son genre dans l’univers de la distribution bio, il s’agit d’un poste particulier à Biocoop et très emblématique du travail de notre réseau.

Pouvez-vous nous dire en quelques mots en quoi consiste votre métier ?

Je suis en charge de la région Grand-Ouest, sachant que Biocoop est divisé en 4 aires géographiques, il y a donc 3 autres chargés de développement local. Mon travail consiste à aider les magasins Biocoop à augmenter leurs achats en produits locaux et à dynamiser par là même l’économie de leur territoire, tout en étant en accord avec le cahier des charges de leur coopérative.

Ainsi, la charte Biocoop demande notamment :

  • De développer l’agriculture biologique dans un esprit d’équité et de coopération. Il s’agit donc d’aider les magasins à commercialiser avec les producteurs locaux tout en permettant à chacun de vivre de leur entreprise… il s’agit en quelque sorte d’un commerce d’équité et de coopération.
  • De garantir la traçabilité des approvisionnements, en respectant des critères sociaux et écologiques exigeants.

Mon travail permet donc, entre autres, de respecter ces points de la charte.

Racontez-nous comment vous êtes devenue Chargée de développement local ?

J’ai d’abord créé avec ma famille un élevage de chèvres avec transformation fromagère aux portes de Rennes. Puis, j’ai travaillé dans un magasin Biocoop à Fougères. Lorsqu’on m’a proposé ce poste, je n’ai pas hésité longtemps car ce métier réunit mes deux expériences professionnelles passées et me permet d’œuvrer pour une valeur qui me tient à cœur : le développement économique des régions, tout en respectant l’environnement et les hommes. C’est ce genre de « monde » que je souhaite léguer aux enfants de notre planète car « La terre n’est pas un don de nos parents, ce sont nos enfants qui nous la prêtent» (Proverbe amérindien).

Expliquez-nous en quoi ce métier est-il assez emblématique du travail de Biocoop?

En 1986, des Coop ont fédéré en créant l’association Biocoop. Leurs objectifs : démarche d’équité du producteur au consommateur, assurer la pérennité des fermes, proposer un prix juste, développer l’agriculture biologique… Mon métier, c’est tout cela !

Pour bien appréhender la particularité de mon travail, il faut comprendre le fonctionnement de Biocoop. Il faut savoir tout d’abord que Biocoop SA Coop est une Société Anonyme Coopérative. Le capital social est détenu par les sociétaires coopérateurs et les non coopérateurs.

Les sociétaires coopérateurs, magasins et groupements de producteurs, bénéficient de services de la coopérative SA Coop. Ils sont donc tout à la fois copropriétaires et clients.

Cette coopérative travaille au quotidien à développer la filière longue. En commandant auprès de Biocoop SA Coop, on s’approvisionne auprès de producteurs mais avec plusieurs intermédiaires. Le circuit long peut ressembler à cela par exemple :

Un producteur – une coopérative – un transformateur – une entreprise de transport – Biocoop SA Coop – et le magasin, enfin !

La filière courte, que je travaille à développer, ne connaît pas ou qu’un seul intermédiaire. Il s’agit d’achats faits directement auprès du producteur dans un rayon de moins de 150 km.

D’une certaine manière, mon employeur Biocoop SA Coop me paye pour que les magasins s’approvisionnent directement auprès du producteur sans passer par Biocoop SA Coop…

Est-ce que cela ne va pas à l‘encontre des intérêts économiques de Biocoop SA Coop ?

Cette coopérative a été créée par des coops bio qui souhaitaient regrouper leurs approvisionnements. Biocoop SA Coop regroupe 4 plateformes de distribution qui ne livrent que des magasins Biocoop.

Je travaille au quotidien à ancrer les magasins Biocoop dans leur économie locale, afin qu’ils soient reconnus comme véritables acteurs économiques, en respectant des critères sociaux et écologiques exigeants. Je pense que cela contribue à leur bonne santé économique et cela durablement… Et si les magasins Biocoop vont bien économiquement, Biocoop SA Coop va bien économiquement…

Le mot de la fin ?

J’ai conscience qu’il est compliqué, en tant que consommateur, de se rendre compte de l’importance de nos actes d’achats alimentaires et autres. D’autant plus lorsque l’on a peu de connaissance en science de l’environnement, agronomie, agriculture…

Mais Coluche disait : « Quand on pense qu’il suffirait que les gens ne les achètent pas pour que ça ne se vende pas ! » et donc ne se produisent / fabriquent pas…

Au travers de mon métier, je découvre aussi chaque jour l’importante activité économique qui gravite autour de nos agriculteurs. J’ai conscience qu’il est très complexe, en tant que consommateur, de maîtriser tous les enjeux des filières. Néanmoins, il me paraît extrêmement important de tenter peu à peu de se renseigner, d’acquérir des connaissances afin de comprendre les enjeux de nos choix de consommation, et ainsi devenir un véritable consom’acteur.

Vous avez dit « utopique » ?