Terroir et territoire : l’humilité

AnneGobardFermeDeChantemerle_credit I.Soubelet

En agriculture biologique, on devient humble

Il y a six ans, Éric Gobard, céréalier à Aulnoy (77) a décidé de convertir 40 % de son exploitation en agriculture biologique. Aujourd’hui, à la Ferme de Chantemerle, ce sont 75 % qui sont passés en AB.

« Je me suis converti à la bio car j’avais envie de protéger ma santé et celle de ma famille, confie-t-il. Et puis un champ de blé bio, c’est très beau, il y a de la vie. » D’ailleurs souvent les anciens lui glissent à l’oreille : « Tes champs nous rappellent ceux de notre enfance, ça nous fait plaisir. » « En bio, on ne joue que sur les mécanismes du vivant avec des actions naturelles, poursuit-il. Il faut donc changer sa logique et apprendre à raisonner à neuf ans avec la rotation des cultures. Pour certains, c’est trop“ technique”.

Mais il faut aimer l’audace et avoir envie de se lancer dans l’aventure. Au bout de cinq à six ans, on se sent au milieu de la nature ; en tant qu’homme, on est remis à sa place et cela rend humble. À mon sens, il y a moins d’échec en agriculture biologique qu’en agriculture conventionnelle.

Aujourd’hui sur l’exploitation, nous travaillons avec ma femme Anne, un permanent et douze saisonniers. Depuis 2010, grâce à l’investissement d’un moulin en bois et d’une meule sur place, nous produisons dix tonnes par an de farine d’épeautre, de blé, de seigle et de sarrasin. Cette production est notamment distribuée par Fermes Bio d’Île-de-France et dans le réseau des magasins Biocoop. »

L’aventure, Éric Gobard la vit aussi au quotidien dans sa commune de 400 habitants dont il est le maire depuis 2014. Avec la même détermination.  

 

Retrouvez Éric et Anne Gobard dans la rubrique Terroir et territoire du n° 84 de CULTURE(S)BIO (novembre-décembre), dans votre magasin Biocoop, dans la limite des stocks disponibles, et sur Biocoop.fr