Quinzaine du Commerce équitable

PLAnète terre VIGNETTE NORD-NORD

 

 

Avec ses filières « Ensemble », Biocoop va plus loin

Explications de Serge le Heurte, animateur de la section agricole du conseil d’administration.

Chez Biocoop, tous les produits exotiques sont certifiés équitables, pourquoi ?

Serge le Heurte : ça nous a semblé logique, lorsqu’il y a plus de 20 ans on a commencé à acheter des bananes puis du café. Les deux critères se complètent. La bio garantit des moyens de production, sur un plan agricole. Le volet social, la coopération, la durabilité, l’équité le sont par la certification équitable. Dans les pays concernés, le travail d’accompagnement par des associations comme Max Havelaar est énorme. D’ailleurs, dans leurs standards, les producteurs sont incités à utiliser moins de produits chimiques !

Biocoop est un acheteur responsable : sur la banane, on est les seuls à exiger du bio et de l’équitable.

Le commerce équitable Nord-Nord est enfin reconnu. C’est une victoire pour Biocoop ?

C’est un projet que nous avons initié et beaucoup porté. En 2006, Biocoop SA Coop a profité de l’évolution de ses statuts pour ouvrir un collège « groupements de producteurs bio ». C’est avec eux que nous avions construit notre démarche producteur, transformateur, distributeur ; c’est avec eux que nous avons écrit notre cahier des charges, qui coïncide avec les critères du commerce équitable Nord-Nord nouvellement reconnu par des textes de loi.

À la Plate-forme pour le commerce équitable, nous avons eu cette réflexion : est-ce que les producteurs en France ne sont pas aussi fragiles que dans les pays du Sud ? Est-ce qu’ils ne vendent pas en dessous de leur prix de revient ? Donc il était tout aussi logique de créer un commerce équitable Nord-Nord.

Biocoop va souvent plus loin que la simple application de la loi, est-ce encore le cas avec le CE ?

Oui ! Aux fondamentaux du commerce équitable (juste prix, engagement sur la durée et prime de codéveloppement), les groupements sociétaires de Biocoop ont souhaité ajouter l’objectif 100 % bio : pour les groupements comme pour les producteurs. La loi prévoit un engagement d’au moins 3 ans entre le producteur et le premier acheteur. Nous, nous prenons cet engagement sur tous les maillons. C’est important pour la stabilité des volumes et des prix, pour pérenniser la relation commerciale. C’est le mécanisme inverse de ce que fait le commerce traditionnel actuel !

En ce qui concerne la fixation du prix, qui doit être basé sur les coûts de revient, nous élargissons. En bio, par exemple, un producteur ne va pas faire que du blé, mais beaucoup d’autres céréales, légumineuses, etc., et toutes ces cultures se tiennent entre elles et n’ont pas le même intérêt marchand. Notre approche souhaite tenir compte de l’ensemble de ces productions dans l’établissement de nos prix.

Enfin, dans le cadre du commerce équitable, on verse au groupement de producteurs une prime de codéveloppement. Initiative que nous avons mise en place en 2015 pour la première fois. Cette prime permet de financer par exemple une étude d’impact, un film sur les fondateurs des groupements et la coopération, des opérations « fermes ouvertes » ou encore la formation des administrateurs. Les projets sont validés collectivement.

Qu’est-ce qu’apporte la reconnaissance officielle du CE Nord-Nord ?

On peut désormais employer l’expression « commerce équitable » et l’apposer sur les produits. C’est une indication importante pour le consommateur qui peut orienter ses choix. Cela permet aussi de créer une réelle dynamique, y compris entre les différents groupements, qu’ils soient producteurs de volailles, de céréales, de fruits et légumes, de lait… Ils s’y retrouvent en termes de valeurs. Ils peuvent ainsi partager leurs problèmes, leurs expériences, pour mieux développer la bio dans leur région et progresser dans leur secteur. Cela leur donne aussi un regard et une influence sur ce que fait le réseau duquel ils sont sociétaires. C’est vraiment de la co-construction !

 

À lire également, le dossier sur le commerce équitable du n° 87 de CULTURE(S)BIO, le magazine de la consom’action offert par votre magasin Biocoop, dans la limite des stocks disponibles, ou à télécharger sur biocoop.fr

©Séverine Assous