Pour une hygiène féminine plus naturelle

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L’avis de Nina Bossard, naturopathe, sur l’hygiène intime des femmes

L’hygiène féminine relève de l’utilisation de protections et tampons sains pour les muqueuses, d’une toilette intime avec des produits nettoyants respectueux du pH de la flore vaginale. Mais saviez-vous qu’un déséquilibre alimentaire peut également avoir une incidence sur certains petits troubles gynécologiques ?

Quand on évoque l’hygiène intime, on pense immédiatement à lavages fréquents et savons nettoyants ; or « les femmes et les hommes sont constitués d’un système d’autonettoyage par écoulement naturel », indique Nina Bossard, naturopathe. « C’est ainsi que l’on renouvelle son sang constamment lors des cycles menstruels. Dans la mesure du possible, il faut donc éviter de perturber la flore vaginale en accompagnant ce travail de nettoyage naturel le plus respectueusement possible. »

Tout en douceur

« Si des petits problèmes gynécologiques apparaissent, il y a lieu de se poser les questions suivantes : les irritations sont-elles dues au port de sous-vêtements synthétiques ? Un excès de toilette intime ? Le frottement sur des serviettes hygiéniques aux composants chimiques provocant de possibles macérations et de mauvaises odeurs ? Les leucorrhées, élimination des mucus par le corps, sont-elles dues à une consommation excessive de glucides qu’un foie fatigué ne parvient plus à dégrader, les dérivant par la voie vaginale plutôt que par la voie intestinale ? L’alimentation n’est-elle pas trop acidifiante avec trop de sucre, de produits laitiers, de protéines et de céréales raffinées qui provoqueraient ces mycoses ou cystites à répétition ?

Les flores intestinale et vaginale étant à proximité l’une de l’autre, rééquilibrer la première peut grandement améliorer la seconde quand on sait que 70 % du système immunitaire dépend de la flore intestinale. Il faut savoir qu’un pH trop acide favorise le développement des germes et des mycoses à répétition. Ce pH est lié à une alimentation trop acidifiante par la consommation excessive de sucre, de produits laitiers, de céréales raffinées, d’un excès de protéines… On peut donc rééquilibrer la flore en diminuant les aliments acidifiants et en augmentant la part des fruits et légumes au pH basifiant. Sans oublier de boire beaucoup d’eau. Les règles douloureuses et le syndrome prémenstruel ont différentes causes mais soutenir son foie par une cure de détox saisonnière pour régénérer l’organisme et respecter l’équilibre des acides gras polyinsaturés par une cure d’huile d’onagre bio en deuxième partie du cycle devraient aider à un meilleur confort à cette période du cycle que le corps de la femme appelle, ne l’oublions pas, à un temps de détente et de repos. Les bouillottes et les massages à l’huile essentielle d’estragon et de basilic, deux antispasmodiques, peuvent aussi être d’un grand recours. »

À lire également, le dossier sur l’hygiène féminine paru dans le n° 89 de CULTURE(S)BIO,
le magazine de la consom’action offert par votre magasin Biocoop, dans la limite des stocks disponibles, ou à télécharger sur
Biocoop.fr

© Arnaud Tracol – Marie Bastille