Le bio n’est pas un retour au passé

Il ne regrette rien : Denis Chaume, éleveur de limousines dans le Périgord passé en bio en 2008.     

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« J’ai commencé le métier en 1998 à 20 ans, explique Denis Chaume, 40 ans, éleveur de limousines à Mareuil dans le Périgord (180 ha). J’ai toujours été agriculteur, comme mon père a qui son père avait légué 6 ha et 6 vaches ! Lui, il a appris à labourer avec des vaches  et à cultiver sans engrais chimique.

Chez les Chaume, la conversion bio pouvait être vécu comme un retour au passé…

Cela nous a posé beaucoup de questions, mais on y est allé ensemble ! J’en avais marre des produits chimiques, de leurs prix fluctuants, de ne rien gagner ! Au moins en bio, tu n’as plus besoin de tout ça et c’est meilleur pour la santé de tout le monde !

C’était en 2005. Son père allait partir en retraite, et la perspective de se retrouver tout seul avec 120 mères qui vêlent dans les prés le pousse alors à réfléchir à une nouvelle organisation. Il envisage de construire des hangars pour abriter ses bêtes et pense au fumier qu’il pourrait récupérer, matière à enrichir ses sols. Ainsi est venue l’idée de la bio. Il visite des fermes, rencontre d’autres agriculteurs.

J’en ai vu qui marchaient bien, d’autres  moins. J’ai pensé : en travaillant, ça peut le faire. Si t’es bon en conventionnel, tu l’es en bio...

En 2008, il convertit son exploitation. Coup de chance, les aides à la conversion sont bonnes. Il touche 20 000 €/an pendant 5 ans.

Dire que j’ai bien dormi toutes les nuits qui ont suivi ma conversion, non, ça je ne peux pas. Oui, on a peur ! Quand je voyais mes blés, la première année, les champs tout sales, les épis qui poussent à toute allure puis qui jaunissent, ça fait bizarre ! En conventionnel les apports d’azote permettent d’éviter l’effet et de lisser tout cela.

Mais au final, on s’habitue. Et ca marche ! Il cultive moins de céréales, entretient plus de prairies pour ses vaches et ne vend plus de maïs. Ses rendements ont baissé – 50 q/h en maïs contre 70 à 90 avant – mais cela suffit à l’équilibre de son exploitation.

Je ne regrette pas du tout. Et encore moins au regard des obligations de la nouvelle politique agricole commune, plus environnementale. »

 

 

*Adhérent du groupement Le Pré vert, sociétaire de Biocoop 
http://www.biocoop.fr/producteurs-bio/Les-groupements-agricoles-partenaires/LE-PRE-VERT