La Loire bio – Des monts du Lyonnais aux monts du Forez

Des monts du Lyonnais aux monts du Forez

 

Étape 2. La Ferme du grand Buisson

La suite de l’article sur la bio entre monts du Lyonnais et monts du Forez paru dans CULTURE(S)BIO n° 83 (septembre-octobre 2015)*, rubrique Terroir et Territoire, nous conduit sur l’exploitation de Philippe et Irène Notin et leur fils Josselin.   

 

Chez les Notin, la bio est une affaire de famille et de convictions. « En 1967 déjà, mon grand-père était en bio. Et j’ai toujours vu mes parents se battre contre la chimie, les engrais, les désherbants… Je pense que j’aurais arrêté d’être agriculteur plutôt que de faire du non bio. Franchement, je ne me voyais pas… » Éleveur laitier, il s’est installé en Gaec** en 1991 avec sa femme Irène à La Ferme du Grand Buisson à Saint-Martin-Lestra. Ils ont été rejoints depuis peu par l’un de leur fils. Deux autres sont salariés sur la ferme.

 

La nature pour compagne

Fromages_P1170288 ┬®MP Chavel-Biocoop

« On vit proche de la nature, reprend Philippe. On fait très attention aux animaux. Quand on fauche par exemple, si on trouve un petit lièvre, on s’arrête pour le mettre dans la parcelle en dessous ; les faisans, pareil… » L’environnement en général est respecté : « On préserve les haies. On en arrache aussi pour faire évoluer la taille des parcelles mais on replante.

Avant qu’il y ait des subventions, on en a planté des kilomètres. » Et ce n’est pas fait n’importe comment : les Notin y mettent toutes sortes d’essences, des arbres fruitiers, des fleurs, quelques résineux, offrant ainsi le gîte à la faune, dont les papillons, les abeilles…

Dans la ferme, les gestes dits « écolo » sont naturels pour Philippe qui récupère les eaux du toit, utilise une eau de forage l’été pour l’abreuvement des animaux, recycle tous les cartons, élimine les vieux tracteurs polluants… Il fait aussi ses propres pierres à sel, qui apportent aux vaches un complément en chlorure de sodium et sel minéraux. Il tient sa recette de son grand-père : du sel de l’Atlantique non raffiné (« le sel blanc provoque une rétention d’eau »), de l’argile verte, du chlorure de magnésium et du lithothamne (une algue riche en minéraux). Le tout dans les mêmes proportions.

 

Le pouvoir du consommateur

Depuis qu’il est gamin, Philippe a vu la bio évoluer mais aussi le comportement des clients rencontrés sur les marchés qu’il faisait avec sa mère déjà. « Avant, les gens s’intéressaient à la bio uniquement pour préserver leur santé. Ils étaient persuadés qu’ils n’auraient jamais de cancer en mangeant bio, alors que la santé, c’est aussi ce qu’on respire, comment on gère son stress, etc. Aujourd’hui, on sent que les consommateurs bio  veulent préserver la planète pour leurs descendants. Ils ont compris qu’en achetant des produits bio, ils encouragent les agriculteurs à produire bio, à ne plus utiliser de pesticides, à préserver l’eau… » 

Mais Philippe aimerait des consommateurs encore plus exigeants afin qu’ils aident à tirer la bio vers le haut. Il espère aussi atteindre un jour son objectif : faire de la bio au prix du conventionnel. Il trouve que parfois le prix des produits bio est abusif, ce qui conforte l’a priori du consommateur. « La bio, ce n’est pas fait que pour les riches », s’exclame-t-il. Parmi ses clients sur les marchés, il compte des étudiants, des ouvriers, des gens plus aisés… Alors il applique un principe simple : les morceaux pas chers, il les vend moins chers, les morceaux chers, il les vend plus chers !

 

* Offert par votre magasin Biocoop, dans la limite des stocks disponibles, ou à consulter sur www.biocoop.fr

** Groupement agricole d’exploitation en commun

 

Retrouvez aussi : Étape 1. La Ferme du Perrier