La Loire bio – Des monts du Lyonnais aux monts du Forez

Étape 1. La Ferme du Perrier

La suite de l’article sur la bio entre monts du Lyonnais et monts du Forez paru dans CULTURE(S)BIO n° 83 (septembre-octobre 2015)*, rubrique Terroir et Territoire, nous conduit sur l’exploitation de Véronique et Pascal Dubost, à Boisset-Saint-Priest.

 

   Perrier_P1170236 ┬®MP Chavel-Biocoop« Le monde agricole est immense. Il faut une multitude de compétences pour faire de l’agriculture. L’amont, l’aval, le biotope, la recherche… c’est passionnant ! » Véronique Dubost, de la Ferme du Perrier, annonce la couleur : ici, le boulot ne manque pas ! Avec 4,5 ha en maraîchage, 18 à 20 vaches allaitantes, 34 ha de prairie, céréales, un peu d’herbes aromatiques, 160 paniers pour l’Amap de Montbrison à remplir chaque semaine, la vente directe… et 3 enfants, on la croit. Mais elle préfère remonter ses manches que de se laisser impressionner.

 

 

L’installation

Pascal, son mari, s’est  formé à la biodynamie en Alsace et dans d’autres régions où la bio était plus développée qu’ici. Il y a dix ans, avec Véronique, ils se sont installés à Boisset-Saint-Priest, commune de 1 200 ha et 20 agriculteurs conventionnels. Pas un bio ! « On nous regardait de travers ; même la chambre d’agriculture ne voulait pas nous installer », se souviennent-ils.

Ils auraient pu choisir de ne faire que des vaches allaitantes qui demandent un peu moins de travail. Mais ils aiment la polyculture car  « tout se nourrit de tout », disent-ils, approuvés par les crapauds sonores à ventre jaune qui ont élu domicile sur leur exploitation. Un corps de ferme entouré de cultures ? Non, la Ferme du Perrier, c’est trois ou quatre bâtiments séparés par des terres, et des parcelles éparpillées çà et là. On en revient toujours au même problème dans la région : les parcelles sont petites, les terrains vallonnés, limitant l’usage de l’outil mécanique. Sans compter les voisins qui ont « des surfaces en herbe qu’ils ne veulent pas louer parce qu’ils attendent de pouvoir les vendre en terrain à construire ».

 

La bio avance

Tant pis, Pascal et Véronique avancent. Lui, plutôt sur le terrain : légumes de plein champ ou sous serre froide, sorgho, luzerne, orge, maïs. « On travaille à l’autonomie fourragère », explique-t-il. Elle, plutôt en amont et en aval. C’est elle par exemple qui recrute la main d’œuvre. Pas simple : « Beaucoup pense que le maraîchage, c’est facile ! », s’étonne-t-elle.

Ensemble, ils affrontent un climat rude, changeant même au cours d’une journée, avec du vent nord/sud presque tous les jours, un terrain granitique et « une pluviométrie digne d’un climat méditerranéen ». Cependant, la commune a la chance de bénéficier d’un réseau de canalisations qui depuis 1967 apporte l’eau de la Loire, via le canal du Forez, six mois par an. Ce réseau traverse les terres de 180 copropriétaires mais peu s’y intéressent. « On se bat pour entretenir le réseau, confie Véronique. On a fait de ce coin une oasis. » 

Ce que les voisins finissent par voir d’un bon œil : « On leur apporte de l’eau, du matériel par le biais de la Cuma** ; ils voient qu’on arrive à faire vivre notre famille… », affirme Pascal, tranquille. La bio aurait-elle gagné ?

 

 

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** Coopérative agricole permettant aux agriculteurs de mettre leurs ressources et outils en commun.

Retrouvez aussi : Étape 2. La Ferme du grand Buisson.