La bio dans les Bouches-du-Rhône À Rousset, l’amour et la bonne volonté font pousser les légumes.

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Kévin Lavandier et Maximin Paire se sont lancés dans le maraîchage bio sans connaissances particulières. Mais le résultat est là.

Certains les ont traités de fous. Nous, on les trouve plutôt réfléchis et courageux ! Ce printemps, Kévin Lavandier (32 ans) et Maximin Paire (36 ans) attaquent leur troisième année dans leur petite exploitation maraîchère bio de Rousset, commune de 4 500 hab. à 15 km d’Aix-en-Provence. Dans la terre rouge de ce paysage à la Cézanne, où poussent habituellement de la garrigue et de la vigne (en AOC côte-de-provence, côte-de-provence Sainte-Victoire et palette), eux cultivent des légumes provençaux (tomates, courgettes, aubergines…), des pommes de terre, des salades, des asperges, de l’ail, des fraises… sur 5 000 m², dont 1 000 en serres froides. A priori, rien de très original. Sauf que Kévin et Maximin apprennent le métier sur le tas, tout en conservant un emploi de salarié à plein-temps dans un domaine viticole conventionnel. « On en avait marre de manger des légumes sans goût. Et on avait envie d’une activité à nous, raconte Kévin. Le monde agricole ne me plaît pas plus que ça. Mais le maraîchage bio, si ! » La preuve : Maximin et lui sont sur leur exploitation, Mon Potager du Mistral, dès que l’autre travail leur en laisse le temps : matin, midi, soir, week-end, vacances. Ils se reposent l’hiver, avant que ne reprenne la saison.

La bonne stratégie

Leur chance est que les deux entreprises sont côte à côte. Le hasard n’y est pour rien. « C’est notre patron qui nous prête la parcelle. Sans lui, tout était plus compliqué, ce n’est pas facile d’avoir accès à la terre, poursuit Kévin. Il nous prête aussi du matériel, un tracteur. » Le père du patron, « Papy », est également dans l’aventure : il donne des conseils, fort de sa longue expérience de jardinier dans une époque sans produits chimiques. Nos deux gars travaillent uniquement des variétés anciennes, plus fragiles que les hybrides. La première année, les pertes ont été nombreuses. Mais ils ne se découragent pas. D’ailleurs ce printemps Kévin a décidé de faire du maraîchage sa seule et unique activité. « J’ai envie de pouvoir aller au fond des choses. » C’est-à-dire par exemple pouvoir proposer aussi des légumes d’hiver ou avoir plus de temps pour réfléchir aux bonnes associations comme ail/pomme de terre ou carotte/poireau. « On a toujours une stratégie à chercher », dit Maximin, avouant ne pas encore avoir trouvé de solution contre les punaises.

Pour amender la terre en revanche, ils ont trouvé : « Du fumier de cheval qui vient d’en face. Pour la pollinisation, un apiculteur de Trets, à 10 km, nous prête une ruche d’avril à octobre », se félicite Maximin, heureux de pouvoir manger ce qu’il produit, sans « pourrir le sol et les nappes phréatiques ».

Des rapports humains géniaux

Les deux reconnaissent qu’ils ne s’attendaient pas à autant de boulot. Mais n’ont pas de regrets parce qu’il y a « des rapports humains géniaux ». Et de bons retours sur leur production. Le magasin Biocoop Sainte-Victoire, à 300 m seulement, leur en prend une grande partie. « Ils travaillent bien et peuvent me livrer presque instantanément », apprécie Sylvie Moulaire, la gérante. Et la vente directe, 3 fois par semaine, marche très bien aussi. Les clients, dont « certains font 30 km pour acheter 15/20 € de légumes », sont fidèles et impatients de retrouver les produits de saison. Parce que Kévin et Maximin ont un secret : dans leur activité, ils mettent « de l’amour et de la bonne volonté ». Alors, qui a dit qu’ils étaient fous ?

 

Retrouvez Mon Potager du Mistral et l’agriculture bio dans les Bouches-du-Rhône dans la rubrique Terroir et Territoire du n° 87 de CULTURE(S)BIO, le magazine de la consom’action offert par votre magasin Biocoop, dans la limite des stocks disponibles, ou à télécharger sur biocoop.fr

©MP Chavel