Culture(s) Bio n°82 : Quoi de neuf, mon vieux ? #1

COUTURE. Redonner vie à ses vieux habits en en faisant des vêtements pour ses enfants, c’est facile, économique et écologique. Jeune créatrice écolo, Marie Painparay propose un livre de modèles pour tout-petits, explications à l’appui.

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Comment vous est venue l’idée de ce livre ?

J’avais fait une chemisette à ma fille de 3 ans dans une ancienne chemise de son père. Il l’aimait beaucoup et était très fier de la voir portée par sa fille. Il y avait un lien symbolique. J’ai fait ensuite d’autres choses et je me suis rendue compte que cela permettait de coudre de manière simple, ludique, et surtout de recycler. Tous les ans, les Français jettent 700 000 tonnes de textiles, 15 % seulement sont recyclées. Ça donne envie de pleurer ! Et si on ne jette pas, on s’encombre de trucs qui ne servent à rien.

 

Vous êtes couturière ?

Je suis styliste. Ma mère est prof de travaux manuels, elle enseigne la cuisine et la couture. Alors pour moi, depuis mes 12 ans, la couture est une évidence.

 

Le recyclage aussi ?

Oui, j’essaie de réduire mon impact sur la planète. Ce que je fais, ce ne sont que des gouttes d’eau mais j’aime l’idée de changer l’échelle du recyclage, de faire du circuit court, de l’armoire à la commode via la machine à coudre. Car recycler demande parfois beaucoup d’énergie, comme celle qu’il faut à un camion pour aller à la déchetterie.

 

Mention Obligatoire : © Jean-Jacques RaynalVos modèles demandent-ils de savoir bien coudre ?

Pas nécessairement. On évite les opérations compliquées, tout c’est qui est boutonnage par exemple est récupéré sur le vêtement d’origine. Mais il faut être minutieux et patient, bien suivre les explications et ne pas se précipiter. Le niveau de difficulté est signalé par 1, 2 ou 3 boutons. Il y a des choses très simples. Comme le sac. Mais la subtilité du serrage et la grande poche sur le devant lui donnent l’air plus complexe. Ma fille a plein de sacs de ce genre. Elle les remplit, les vide, transporte sa dinette… C’est un super jeu !
(Téléchargez ici les explications pour faire le sac).

Quand on est plus à l’aise, qu’on a compris le principe, il y a beaucoup de variations possibles aux modèles : plus long, plus court, poignets resserrés, etc.

 

Il faut une machine à coudre ?

Faire à la main sera plus long et il peut y avoir une perte de plaisir, du découragement. Mais une machine qui fait tous les points n’est pas obligatoire. On peut en emprunter une ou l’acheter d’occasion, de préférence avec une notice ou au moins des explications sur son fonctionnement. La mercerie peut aussi être récupérée, dans un vide-grenier entre autres. Mais je conseille d’acheter les élastiques pour être sûr qu’ils soient à la bonne taille et qu’ils aient encore de l’élasticité !

 

Quelles matières se prêtent bien à la transformation ?

Les cotons, le lin, le jean, certains lainages se tiennent bien. Les mailles (T-shirts, gilets…) peuvent être moins faciles à travailler ; il faudra plus de minutie. La maille ne doit pas être trop grosse ni déformée.

 

Quel est le point de départ d’un modèle ? Le vêtement que l’on veut transformer ou celui que l’on veut créer ?

Les deux sont possibles. Si on a envie de faire un modèle, on cherche le vêtement à recycler en faisant attention que les parties dont on va avoir besoin soient en bon état. Un col un peu usé pourra être gênant dans certains cas. Si on transforme un vêtement qu’on aime particulièrement, il faut bien lire les explications avant de commencer : si on se trompe au moment de le couper, on ne pourra pas recommencer, comme avec du tissu au mètre.

 

Les modèles du livre vont de 0 à 3 ans. Pour les plus grands, on ne peut plus recycler ?

Plus l’enfant grandit, plus il faut du tissu. Donc ce n’est pas évident de reprendre une chemise par exemple. Mais ce n’est pas impossible, ça demande juste plus de réflexion…

 

Qu’est-ce qu’on fait des chutes de tissu ?

Il y a toujours des morceaux dans lesquels on pourra faire des choses encore plus petites. Dans le livre, il y a des modèles des petits objets, de jouets faits avec ces chutes. Quand les bouts de tissu deviennent vraiment trop petits, on peut toujours s’en servir comme rembourrage !

 

Avez-vous fait ce livre pour transmettre votre savoir-faire à votre fille ?

Je n’y ai pas pensé mais la transmission est quelque chose que j’ai vécu très fortement : ma grand-mère, qui a donné le goût de la couture à ma mère, qui elle-même me l’a transmis ensuite, a dit au sujet de mon livre : « Si j’en avais eu un comme ça, ça m’aurait bien aidé, car qu’est-ce que j’en ai transformé des vêtements pour mes enfants ! » Je ne savais pas qu’elle faisait ça elle aussi. La transformation des vêtements s’est perdue avec les nouvelles habitudes de consommation. Maintenant on recommence à le faire. C’est chouette !

 

 

Pour aller plus loin :

Je couds pour mes enfants, Marie Painparay, Éd. Terre vivante, 14 €. 24 modèles pour les 0-3 ans, avec des explications pas à pas, des schémas et des patrons.

 

Article extrait de CULTURE(S)BIO n° 82, offert par votre magasin Biocoop, dans la mesure des stocks disponibles, et consultable sur www.biocoop.fr

 

Crédit photo : Jean-Jacques Raynal.