A la découverte de la bio dans le massif des Bauges, entre Savoie et Haute-Savoie

Jean-Francois Prieur © Bouquet Savoyard

A Sévrier, les maraîchers du Bouquet savoyard font partie des rares producteurs de légumes bio de la région, où la demande est grandissante.

« La bio questionne beaucoup, constate Jean-François Prieur depuis que Le Bouquet savoyard, Gaec dont il fait parti, a converti ses terres en 2009. Elle nous a fait nous remettre en question et sortir de notre ronron. » La mécanisation de l’exploitation de 3 ha, dont les 3 associés (Jean-François et Agnès Prieur, et Marie-Claude Gaillard) parlaient régulièrement, s’est faite à ce moment-là. « On est devenu plus performants. On a standardisé les écarts entre les rangs pour ne pas avoir à régler la machine à chaque fois. En communication aussi, on est meilleurs, on a plein de choses à dire. » Ça tombe bien car la clientèle aussi s’interroge. Et elle trouve des réponses lorsqu’elle vient faire ses achats en direct sur l’exploitation ou lors des journées portes-ouvertes qui se tiennent chaque automne. « Les gens s’intéressent et débattent », reprend Jean-François. Les conventionnels ne sont pas en reste. Le maraîcher les connaît bien puisque ils sont une dizaine à s’installer deux fois par semaine, le temps d’un marché, sur le site même du Bouquet savoyard. Une pratique typique de la Haute-Savoie. « Beaucoup de conventionnel s’intéressent à la bio. Ils se rendent compte qu’on peut produire bio et avoir du rendement. Mais ils n’ont pas encore eu le déclic qui les amènera à se convertir. »

Les plantations

Alors, en attendant, le Bouquet savoyard, rare producteur de légumes bio de la région, peine à combler une forte demande. Il profite de l’hiver pour programmer les prochaines cultures. « On fait au mieux pour avoir tout le temps des légumes, pour tenir l’année entière. » Le magasin Biocoop du Lac, voisin du Gaec, n’est fourni que lorsque la production le permet. « C’est dommage », convient Jean-François qui n’a cependant pas d’autres solutions. L’agrandissement de l’exploitation n’est pas à l’ordre du jour, il y a de toute façon pénurie de terres agricoles.

Les premières plantations se feront mi-mars. Mais le plus gros, ce sera pour fin avril. Après, il faudra être attentif, désherber à temps. « Si on ne se loupe pas en juin et juillet, tout va bien. » Les clients chanceux profiteront alors d’une large gamme de légumes, des oignons aux pommes de terre, en passant par les radis, les tomates, les haricots… Made in Bauges.

 

Retrouvez Le Bouquet Savoyard dans la rubrique Terroir et Territoire du n° 85 de CULTURE(S)BIO, le magazine de la consom’action offert par votre magasin Biocoop, dans la limite des stocks disponibles, ou à lire sur biocoop.fr

 

A lire aussi, le reportage chez les producteurs de plantes aromatiques et médicinales de L’Herbier de la Clappe, au Noyer (73)

 

Crédit photo Bouquet Savoyard