À la découverte de la bio dans le massif des Bauges, entre Savoie et Haute-Savoie

Les plantes aromatiques et médicinales (PAM) s’y sont imposées avec succès. Trois pamistes* bio cultivent l’arquebuse, la monarde, la verveine ou encore la mélisse pour en faire des tisanes, des liqueurs, des baumes… Au Noyer, L’Herbier de la Clappe s’est, lui, spécialisé dans les apéritifs.

 Flo-et-Philippe_HerbierClappe-longueur

 

 

 

 

 

 

 

C’est un rêve d’enfant qui s’est concrétisé en 2002. Après des études d’agronome et de longues années dans l’industrie des pesticides, Philipe Durand a enfin pu créer son exploitation agricole dédiée aux plantes aromatiques et médicinales (PAM) avec lesquelles il fait des infusions et de délicieux apéritifs, vendus dans la jolie boutique sur place, dans des restaurants ou encore dans les magasins Biocoop de la région. Il est rejoint en 2011 par Florence Pajot qui, venant du commerce, cherchait depuis longtemps à se rapprocher de la nature. Au cœur du massif des Bauges, sur la commune du Noyer (73), des amis leur prêtent une terre fertile où ils font pousser une trentaine de plantes. Ils complètent leur gamme avec 5 ou 6 variétés issues de cueillette sauvage à l’entoure et deux autres qu’ils achètent : la vulnéraire, originaire de Chartreuse, un massif voisin, et le bissap, un petit hibiscus venu du Burkina Faso. Philippe l’a découvert en Afrique où il a passé plusieurs années. Le bissap rentre dans la composition de deux apéritifs (Bissap/Sureau et Bissap/Gentiane) créés dans le cadre de Fermes du Monde, une organisation qui noue des partenariats paysans équitables entre des petits producteurs d’Afrique et de Rhône-Alpes.

Diversification

Les PAM cultivées demandent beaucoup de travail, souvent ingrat, comme le désherbage. « 98 % de l’activité est manuelle, ce qui nous laisse peu de temps pour faire autre chose », dit Florence. Ce qui n’empêche que les deux « pamistes » multiplient les activités. Pour augmenter leurs revenus (Florence a d’ailleurs un emploi à l’extérieur) mais surtout pour le plaisir d’échanger, voire d’éduquer. Ainsi, l’Herbier de Clappe propose des chambres d’hôtes. Le site apaisant et sublime s’y prête à souhait. « Les gens viennent parce qu’on est paysans, constate Philippe. On leur montre qu’on n’est pas des pollueurs, qu’on est modernes. En tant que bio, on doit être créatifs. » Il y a également le jardin pédagogique, monté sur place avec le Parc naturel régional du massif des Bauges pour faire découvrir 80 plantes environ et, à travers elles, la biodiversité de la région.

Autre lieu d’échanges, le Syndicat des producteurs de PAM des Bauges, initié par Philippe et les 2 autres pamistes du massif. Il réunit les 20 pamistes de Savoie et Haute-Savoie, et permet de mutualiser les achats, de comparer et d’échanger sur les pratiques. « Nous continuons d’apprendre tous les jours », estiment Florence et Philippe.

 

* Producteurs de PAM

 

Retrouvez L’Herbier de la Clappe dans la rubrique Terroir et Territoire du n° 85 de CULTURE(S)BIO, magazine offert par votre magasin Biocoop, dans la limite des stocks disponibles, ou à lire sur biocoop.fr

 

A lire aussi, le reportage chez les maraîchers du Bouquet savoyard, à Sevrier (74)

 

Crédit photo MP Chavel / Biocoop